Les Brigades de Recherche et d’Intervention de la Police Nationale Antigang

Les Brigades de Recherche et d’Intervention de la Police Nationale Antigang
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Les Brigades de Recherche et d’Intervention (BRI) aussi appelées antigang, sont des unités d’enquête et d’intervention de la police judiciaire française. Elles luttent contre le grand banditisme et le terrorisme en menant des enquêtes, et interviennent lors de crises majeures.

Écusson de la BRI de Paris

1. Que sont les Brigades de Recherche et d’Intervention : histoire et présentation :
2. Quelles sont les missions des BRI :
… 2.1 Missions de police judiciaire :
… 2.2 Missions d’intervention :
… 2.3 Exemples d’interventions réalisées par des BRI :
3. Quels sont les effectifs de la BRI :
… 3.1 Quelle est la liste des BRI existantes :
… 3.2 Quelle est la place des Femmes dans les BRI :
4. Quels sont les équipements, armes et véhicules de la BRI :
5. Comment devenir policier de la BRI : concours, formation, recrutement, salaire :
6. Recevoir une documentation gratuite pour réussir les Concours de la Police Nationale :

1. Que sont les Brigades de Recherche et d’Intervention : histoire et présentation :

C’est le 22 septembre 1964, suite à l’augmentation des vols à main armée à Paris, que la préfecture de police décide de créer la Section de Recherche et d’Intervention. C’est le commissaire François Le Mouël qui en est à l’origine. Elle a pour mission d’enquêter sur les suspects avant qu’ils ne commettent un braquage. Elle peut ainsi les interpeller après leur passage à l’acte, dans un cadre sécurisé où une fusillade ne risquerait pas de faire des blessés innocents. L’enquête préliminaire permet de collecter des preuves afin de les interpeller.

Le nom de Brigade de Recherche et d’Intervention (BRI) est donné à ce service en 1967. La BRI est alors installée au 36 quai des Orfèvres dans le 1er arrondissement de Paris. Elle est placée sous l’autorité de la Direction Régionale de la Police Judiciaire (DRPJ) de la préfecture de police de Paris.

En 1972, suite à la prise d’otages des Jeux Olympiques de Munich au cours de laquelle plusieurs personnes ont été tuées, la préfecture de police crée la Brigade Anti-Commando (BAC). Son rôle consiste à regrouper plusieurs services d’urgence autour de la BRI lors de crises majeures. La BAC fait partie de la Force d’Intervention de la Police Nationale (FIPN) avec le RAID et les GIPN. C’est le chef de la BRI de Paris (BRI-PP) qui assure la direction de la BAC.

C’est à partir de 1977 que d’autres BRI commencent à voir le jour dans plusieurs grandes villes françaises. Une BRI est créée en 1977 à Lyon, puis à Nice en 1978, et à Marseille en 1986. Il s’agit des trois BRI dites traditionnelles. Certaines BRI sont issues des Brigades Régionales d’Enquêtes et de Coordination (BREC), supprimées en janvier 2008. Les BRI régionales ont une compétence nationale, contrairement aux BREC qui avaient une compétence régionale ou interrégionale.

Il est important de distinguer la BRI de Paris (BRI-PP), des autres BRI. La BRI de Paris est appelée BRI-PP et elle dépend de la DRPJ. Elle peut intervenir à Paris et dans les départements limitrophes de la petite couronne comme les Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denis, et le Val-de-Marne. En 2015, suite aux attentats, les effectifs de la BRI PP sont doublés par le ministre de l’Intérieur de l’époque, Bernard Cazeneuve.

Quant aux autres BRI, au nombre de 17, elles dépendent de l’Office Central de Lutte contre le Crime Organisé (OCLCO). Elles interviennent à la demande de Directions Régionales ou Interrégionales de Police Judiciaire (DRPJ et DIPJ), mais aussi des Services Régionaux de Police Judiciaire (SRPJ), des antennes de Police Judiciaire (PJ), et des autres services de police tels que la sécurité publiques, les Groupements d’Intervention Régionaux (GIR), et parfois même la police d’un état autre que la France.

Aujourd’hui, la BRI est plus connue sous le nom d’antigang. Elle est toujours engagée contre le grand banditisme, mais aussi contre le terrorisme. Elle possède des fonctions judiciaires mais peut également prendre part à des interventions risquées. Le Raid et le GIGN ne possèdent pas de compétences judiciaires.

2. Quelles sont les missions des BRI :

Les policiers de la BRI ont des missions relatives à la lutte contre le grand banditisme et le terrorisme. En 2016, ils ont réalisé plus de 600 interventions, dont 82 opérations liées au terrorisme, et 1.121 arrestations.

Les agents des brigades de recherche et d’intervention réalisent deux types de missions : des missions de police judiciaire, et des missions d’intervention lors de crises majeures.

2. 1 Missions de police judiciaire :

. Surveiller les individus : suspectés de préparer des actes terroristes ou d’appartenir au crime organisé. Les BRI organisent pour cela des planques et des filatures afin d’identifier les autres membres d’un réseau lié au grand banditisme ou au terrorisme. Les planques et les filatures peuvent durer plusieurs jours, plusieurs semaines et même plusieurs mois. L’objectif est de collecter des indices et des informations concernant les criminels avant leur prochain passage à l’acte, afin de les interpeller en flagrant délit.

. Archiver et classer les informations collectées : afin de pouvoir condamner des suspects et faire avancer les enquêtes. Il faut savoir que la BRI est l’une des forces d’intervention qui possède le plus d’informations en matière de grand banditisme.

. Aider les autres services de police : qui travaillent sur des enquêtes liées au grand banditisme ou au terrorisme. Les brigades de recherche et d’intervention partagent par exemple les informations qu’elles possèdent. Les policiers de la BRI peuvent aussi assister ces services lors d’interpellations sensibles d’individus dangereux et armés. Ils peuvent par exemple intervenir aux côtés de la brigade criminelle lors d’enlèvements accompagnée d’une demande de rançon.

2.2 Missions d’intervention :

. Intervenir lors de crises majeures : qui nécessitent le déploiement de forces d’intervention spécialisées. Il peut s’agit de prises d’otages, de séquestrations, de vols à main armée, de retranchements d’individus armés, de mutineries au sein d’une prison, ou encore d’un acte terroriste.

. Définir les moyens humains et logistiques : nécessaires au bon déroulement d’une intervention. Il s’agit des équipements, de l’armement, mais aussi du recours à des techniques spécialisées comme l’utilisation de drones, ou encore d’une bulle tactique.

. Négocier : avec des preneurs d’otages et des forcenés retranchés, armés et dangereux.

. Recourir à la force : en lançant un assaut lorsque les otages sont en danger immédiat ou qu’un forcené ne veut pas négocier.

Les policiers de la BRI ont donc à affaire à des individus particulièrement dangereux et souvent armés. Ils sont toujours préparer à leur faire face. Il faut savoir que les membres de ces brigades possèdent les compétences nécessaires pour intégrer l’un des cinq groupes spécialisés en négociation, en effraction, en varappe, en tir de précision, et en intervention en milieu nucléaire, radiologique, bactériologique et chimique.

Les policiers de la BRI passent beaucoup de temps à s’entraîner. Ils réalisent notamment des exercices dans des lieux spécifiques et sensibles comme par exemple des stades.

2.3 Exemples d’interventions réalisées par des BRI :

La première intervention de la BRI a lieu en août 1977 lorsqu’elle libère un banquier parisien nommé Bernard Mallet. Il était séquestré dans une soute à charbon après avoir été enlevé dans le bois de Boulogne.

En septembre 1981, la BRI intervient au sein des bâtiments du consulat de Turquie. Quatre terroristes retiennent en effet 51 personnes en otages. Après plus de 15 heures de négociation, les malfaiteurs acceptent de relâcher les otages et de se rendre. Les policiers de la BRI apprendront après coup que toutes les issues étaient piégées avec des explosifs.

En décembre 2004, le centre France Télécom et EDF de Melun sont victimes d’explosions qui provoquent une coupure d’électricité et de téléphone. La communication entre un transporteur de fonds et le centre fort est également coupée, ce qui le rend vulnérable. Le jour suivant, la BRI interpelle quatre individus à leur domicile. Plusieurs armes et explosifs sont retrouvés sur place.

Le 7 janvier 2015, deux terroristes, les frères Kouachi, se rendent au sein de la rédaction de Charlie Hebdo et tuent 12 journalistes. Lors de ces événements, la BRI est intervenue en formation Forces d’Intervention de la Police Nationale (FIPN) aux côtés du RAID pour mettre hors d’état de nuire les djihadistes. Ce sont également ses agents qui neutraliseront Amedy Coulibaly, responsable de la mort de quatre otages au sein d’une épicerie casher située Porte de Vincennes le 9 janvier.

Quelques mois plus tard, en novembre 2015, la BRI-PP intervient une fois de plus aux côtés du RAID lors des attentats au sein du Bataclan et de Saint-Denis ayant fait de nombreuses victimes.

Un an plus tard, en octobre 2016, c’est la BRI de Rouen qui se rend avec la brigade anti-commando au sein de l’église de Saint-Étienne-du-Rouvray, suite au meurtre du Père Jacques Hamel victime d’un terroriste. Les malfaiteurs sont abattus lors de l’assaut.

Encore plus récemment, en août 2017, des militaires sont victimes d’une attaque terroriste sur l’autoroute A16. Les BRI de Lille et de Rouen sont envoyées sur place. Le terroriste est alors maîtrisé.

Véhicule blindé de la BRI
Véhicule blindé de la BRI

3. Quels sont les effectifs de la BRI :

La BRI-PP est composée d’environ 130 policiers. Lorsque la BRI-PP est regroupée avec la BAC en Brigade Anti-Commando, elle compte près de 350 policiers.

Quant aux autres BRI, elles comptent environ 12 policiers chacune au sein de leurs rangs. A terme, il devrait y avoir à au total 18 BRI, en comptant les BRI-PP, la BRI-N et la BRIF-N, mais aussi cinq antennes BRI.

3.1 Quelle est la liste des BRI existantes :

Début 2018, il existe 17 BRI :

. BRI-PP Paris : rattachée à la DRPJ Paris,
. BRI Lyon : rattachée à la DIPJ Lyon,
. BRI Marseille : rattachée à la DIPJ Marseille,
. BRI Montpellier : rattachée à la DIPJ Marseille et au SRPJ Montpellier,
. BRI Nice : rattachée à la DIPJ Marseille et à l’antenne PJ Nice,
. BRI Nantes : rattachée à la DIPJ Rennes et à l’antenne PJ Nantes,
. BRI Rouen : ancienne BREC rattachée à la DIPJ Rennes et au SRPJ Rouen,
. BRI Lille : ancienne BREC rattachée à la DIPJ Lille,
. BRI Versailles : ancienne BREC rattachée à la DRPJ Versailles,
. BRI Strasbourg : ancienne BREC rattachée à la DIPJ Strasbourg, avec une antenne à Metz,
. BRI Bordeaux : rattachée à la DIPJ Bordeaux), avec une antenne BRI à Bayonne,
. BRI Toulouse : ancienne BREC rattachée à la DIPJ Bordeaux et au SRPJ Toulouse,
. BRI Ajaccio : ancienne BREC rattachée à la DRPJ Ajaccio, avec une antenne BRI à Bastia,
. BRI Orléans : rattachée à la DIPJ Orléans,
. BRI Dijon,
. BRI Criminelle Nationale : basée à Nanterre, et chargée d’aider les services centraux de la Direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ),
. BRIF-N : cette brigade de recherche et d’intervention financière nationale a pour mission de soutenir les offices de la Sous-Direction de la Lutte contre le Crime Organisé et la Délinquance Financière (SDLCODF) dans les affaires d’infractions financières. La BRIF-N a une compétence nationale, mais elle est placée sous la direction de l’Office Central pour la Répression de la Grande Délinquance Financière (OCRGDF) et, lors des missions opérationnelles, sous les instructions du chef de la BRI-N.

Une BRI devrait voir le jour à Rennes, et deux autres antennes de la BRI devraient être créées à Dreux et à Creil, la première étant rattachée à la DIPJ Orléans, et la seconde à celle de Lille.

3.2 Quelle est la place des Femmes dans les BRI :

Début 2018, les brigades de recherche et d’intervention ne comptent que des hommes, bien qu’elles soient ouvertes aux femmes.

En 2016 une femme s’est présentée pour rejoindre les rangs d’une BRI, mais elle a finalement renoncé lorsqu’on lui a demandé de s’engager à ne pas avoir d’enfants pendant les quatre ans à venir.

4. Quels sont les équipements, armes et véhicules de la BRI :

Les policiers de la BRI portent des tenues d’intervention noires très résistantes, ainsi que des bottes et une cagoule pour protéger leur identité. Le sigle BRI apparaît au dos de leur uniforme. Ils possèdent également un équipement de protection composé d’un gilet pare-balles et d’un casque.

Les membres de la BRI sont aussi lourdement armés, afin de faire face à toutes les situations de crise :

. pistolets Glock,
. fusils d’assaut avec viseur holographique,
. pistolets mitrailleurs,
. fusils à pompe calibre 12,
. fusils semi-automatique,
. fusils de précision avec lunette Night Force et Blaser LRS2,
. fusils HK G3 équipés de récupérateurs d’étuis,
. flash ball 40 mm Brugger & Thomet et Super-Pro,
. pistolet à impulsion électrique Taser.

Les BRI disposent de moyens matériels conséquents :

. véhicules rapides d’intervention,
. 4×4 Amarok de Volkswagen,
. camion blindé pour entreposer du matériel d’intervention,
. matériel de surveillance électronique,
. moyens discrets d’enregistrement vidéo.

Véhicules VW Amarok de la BRI
Véhicules VW Amarok de la BRI

5. Comment devenir policier de la BRI : concours, formation, recrutement, salaire :

Pour rejoindre la BRI, il faut tout d’abord travailler dans la police nationale et avoir réussi le concours de gardien de la paix ou d’officier.

Mais seuls les policiers ayant une grande expérience et de solides compétences ont une chance de devenir membre d’une BRI. Il est très difficile d’intégrer cette brigade.

Tests de sélection des BRI :

Les tests de sélection se déroulent une fois par an, et pour pouvoir présenter sa candidature, il faut répondre aux critères suivants :

. être fonctionnaire de la police nationale du corps de gradés et des gardiens de la paix, ou alors du corps des officiers de police,

. avoir trois ans de services effectifs en tant que titulaire.

Les candidats qui correspondent à ces critères peuvent déposer un dossier. Ils sont ensuite convoqués à une visite médicale qui doit déterminer s’ils sont aptes, ou pas, à rejoindre la BRI.

Les candidats dont les dossiers sont retenus subissent ensuite plusieurs étapes de sélection :

. Une présélection : qui évalue leurs compétences physiques et leurs aptitudes au tir.

. Des ateliers de tests professionnels : composés d’exercices de filature et de surveillance, de tirs de discernement, de progressions en milieu hostile, ou encore d’interpellations d’individus dangereux. Les candidats subissent également des tests psychologiques et doivent participer à des entretiens avec des psychologues de la police.

Les candidats qui réussissent ces épreuves de sélection sont ensuite placés dans un vivier national pendant trois ans. Ils peuvent alors être recrutés par une BRI.

Tests de sélection de la BRI de la Préfecture de Paris :

Pour devenir membre de la BRI-PP, le recrutement est un peu différent. Environ 100 dossiers de candidatures sont présentés chaque année, et seuls 20 d’entre eux sont retenus. Les candidats sont alors soumis à trois jours d’épreuves physiques :

. tests physiques,
. évaluation psychologique,
. parcours de stress avec tir final,
. examen médical pour vérifier que le candidat réponde aux critères physiques,
. entretien psychologue pour vérifier les motivations et la résistance au stress de chaque candidat.

Après ces premières épreuves, seuls 10 candidats sont retenus. Ils doivent alors participer à un stage d’immersion totale d’une durée de trois semaines aux côtés des groupes opérationnels. Ils prennent part aux missions suivantes :

. lutte contre le banditisme,
. entraînements physiques quotidiens,
. rôle d’observateur lors des interventions.

Lors de ce stage d’immersion, les compétences de chaque candidat sont évaluées afin de voir s’ils sont capables de rejoindre un groupe de spécialistes de la Brigade Anti-Commando. Suite au stage, seuls cinq candidats sont retenus en moyenne. Ils s’engagent alors à servir au sein de la BRI pendant trois ans.

Quel est le salaire des policiers de la BRI ?

Les policiers de la BRI sont rémunérés en fonction de la même grille indiciaire que les autres policiers. Ils bénéficient également de primes et d’indemnités qui représentent parfois un montant conséquent et qui s’ajoutes aux salaires net de base présentés dessous :

Corps d’encadrement et d’application (CEA) :
. Gardien de la paix : rémunéré entre 1.940€ et 2.577€ nets mensuels,
. Brigadier : rémunéré entre 2.215€ et 2.700€ nets mensuels,
. Brigadier-chef : rémunéré entre 2.572€ et 2.863€ nets mensuels,
. Major : rémunéré entre 2.742€ et 3.078€ nets mensuels.

Corps de commandement (CC) :
. Capitaine de police : entre 1.408€ et 2.475€ nets mensuels,
. Commandant de police : entre 2.183€ et 2.670€ nets par mois,
. Commandant divisionnaire de police : entre 2.594€ et 2.925€ nets mensuels.

6. Recevoir une documentation gratuite pour réussir les Concours de la Police Nationale :

Comme nous venons de le voir, pour intégrer une brigade de recherche et d’intervention de la police nationale, il faut d’abord réussir le concours de gardien de la paix ou d’officier. Mais il y a une forte concurrence entre les candidats, et une très bonne préparation est indispensable.

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