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Interpol : présentation, missions, recrutement


Interpol est une organisation internationale de police. Son rôle consiste à coordonner le travail des services de police des 192 pays membres, afin de garantir la sécurité dans le monde entier. Elle leur apporte pour cela une aide technique et opérationnelle, et les conseille pour faire face aux nouvelles formes de criminalité.

1. Historique et présentation d’Interpol :
2. Les Missions d’Interpol :
… 2.1 Le Terrorisme :
… 2.2 Le Crime Organisé :
… 2.3 La Cybercriminalité :
… 2.4 Les 7 Notices d’intervention d’Interpol :
… 2.5 Priorités Stratégiques et Institutionnelles :
….. 2.5.1 Priorités Stratégiques :
….. 2.5.2 Priorités Institutionnelles :
3. Structure et gouvernance d’Interpol :
… 3.1 L’Assemblée Générale :
… 3.2 Le Comité Exécutif (CE) :
… 3.3 Le Secrétariat Général :
… 3.4 Les Bureaux Centraux Nationaux (BCN) :
… 3.5 Le Bureau Central National Français :
… 3.6 Les Conseillers :
… 3.7 La Commission de Contrôle des Fichiers d’Interpol (CCF) :
4. Affaires célèbres résolues Interpol :
5. Les Effectifs d’Interpol :
6. Comment rentrer dans Interpol : concours, formation, recrutement, salaire :
7. Recevoir une documentation gratuite pour réussir les Concours de la Police / Gendarmerie :

Logo Interpol

1. Historique et présentation d’Interpol :

Il faut savoir que le nom officiel de cette organisation est en réalité qu’OIPC-INTERPOL. OIPC est en effet la contraction d’Organisation Internationale de Police Criminelle, et INTERPOL l’acronyme du terme anglais : IINTERnational POLice. En anglais, le nom ICPO est d’ailleurs l’acronyme officiel d’International Criminal Police Organization. Avant d’être nommée OIPC-INTERPOL en 1956, cette organisation portait le nom de Commission Internationale de Police Criminelle. Aujourd’hui, l’acronyme Interpol est le terme le plus couramment utilisé.

La naissance d’Interpol a lieu en 1914 lors du premier congrès international de police judiciaire à Monaco. Lors de cet événement, des policiers, des juristes ainsi que des magistrats de 24 pays différents décident de mettre en place un fichier central international des antécédents judiciaires et des procédures d’extradition. Il débattent également des procédures d’arrestation et des techniques d’identification à utiliser.

Quelques années plus tard, en 1923, la Commission Internationale de Police Criminelle (CIPC) est créée. Son siège est à Vienne en Autriche. C’est le chef de la police de Vienne, Johannes Schober, qui en est à l’origine. Les premières notices concernant les personnes recherchées sont publiées au sein de la revue « Sûreté Publique Internationale » de la commission.

En 1926, l’Assemblée générale fait une proposition importante : que tous les pays mettent en place un contact central au sein de leur police nationale. Ces contacts centraux sont les ancêtres des Bureaux Centraux Nationaux (BCN), qui seront d’ailleurs créés un an plus tard. En 1930, des services spécialisés voient également le jour. Ces services sont experts dans la fausse monnaie, la criminalité, et les faux passeports.

Johannes Schober meurt en 1932 et la commission propose de créer un poste de Secrétaire général. Oskar Dressler, directeur général de la police autrichienne, est alors nommé à ce poste. Le réseau radio international d’Interpol est mis en service quelques années plus tard en 1935.

Johann Schober

Johannes Schober

Juste avant le début de la seconde guerre mondiale, en 1938, les nazis s’emparent de la direction de la CIPC qui n’est alors plus une organisation internationale car la majorité des pays membres décident de se retirer. La CIPC devient alors allemande en 1942 et déménage à Berlin.

Après la fin de la guerre, en 1946, la Belgique décide de reconstruire l’organisation. Il est alors décidé que le nouveau siège soit installé à Paris. C’est cette même année que le nom Interpol voit le jour. Il s’agit à ce moment là de l’adresse télégraphique de l’organisation. L’élection du président, ainsi que celle du comité exécutif, se fait désormais de manière démocratique. Le système des notices d’Interpol, qui fonctionne par couleurs et que l’on connaît aujourd’hui, est mis en œuvre. Les notices rouges, qui correspondent aux personnes recherchées, sont les premières à être diffusées au niveau international.

En 1949, les Nations Unies accordent à Interpol le statut consultatif en tant qu’organisation gouvernementale. Entre temps, la CIPC a adopté un nouveau statut et devient en 1956 l’Organisation Internationale de Police Criminelle-Interpol (OIPC-INTERPOL ou Interpol). Cette organisation devient alors autonome et centralise les contributions de ses pays membres. Pour être indépendante sur le plan financier, elle décide de recourir à l’investissement. Deux ans plus tard, en 1958, un nouveau règlement financier est adopté pour revoir les contributions des pays membres.

C’est en 1963 qu’Interpol réalise sa première conférence régionale. Elle a lieu au Libéria à Monrovia. En 1965, de nouvelles règles de fonctionnement des BCN sont éditées. Interpol est reconnue comme une organisation intergouvernementale en 1971 par les Nations Unies. Un an plus tard, en 1972, un accord de siège décidé avec la France accorde à Interpol le statut d’organisation internationale.

En 1982, un organe indépendant est créé. Il doit s’assurer du respect de la réglementation d’Interpol en ce qui concerne la protection des données. En 2003, cet organe sera nommé Commission de contrôle des fichiers d’Interpol.

C’est en 1989 que le Secrétariat général d’Interpol est installé à Lyon. Un an plus tard, en 1990, le système de communication X.400 est créé. Il donne aux BCN la possibilité d’échanger directement des messages électroniques avec le Secrétariat général. Toujours afin de faciliter le fonctionnement d’Interpol, un service de recherche automatique est mis en place en 1992. Il permet de consulter à distance les bases de données d’Interpol.

En 1995, dans le cadre d’un programme de régionalisation, l’Assemblée générale décide d’adopter de nouvelles directives liées à la création et au fonctionnement des bureaux régionaux.

C’est en 1998 que le système de documentation criminelle d’Interpol, nommé ICIS, est créé. Il est suivi en 2002 par le système de communication l-24/7 qui repose sur les technologies du web. Son rôle est de faciliter l’accès des bases de données et des différents services d’Interpol aux BCN. Une nouvelle base de données, concernant les documents de voyage perdus ou volés, est également mise en œuvre. En 2003, le centre de commandement et de coordination est déployé au sein du Secrétariat général. Il permet notamment à Interpol de fonctionner en permanence.

En 2004, un nouveau bureau de liaison d’Interpol voit le jour au siège des Nations Unies à New York. Un représentant spécial est également nommé. Les premières notices spéciales Interpol-Nations Unies, concernant les individus qui font l’objet de sanctions imposées par l’ONU contre Al-Qaïda et les Talibans, sont publiées.

En 2009, le bureau du représentant spécial d’Interpol auprès de l’Union Européenne est créé à Bruxelles. C’est en 2015 que le Complexe mondial INTERPOL pour l’innovation, situé à Singapour, est inauguré. Son rôle est de lutter contre la cybercriminalité et d’aider les polices du monde entier à lutter contre les nouvelles menaces, notamment grâce à l’innovation et à la formation.

L’emblème d’Interpol, tel qu’on le connaît aujourd’hui, existe depuis 1950. Il est constitué d’une image de la Terre qui fait référence au caractère mondial de l’activité d’Interpol, de rameaux d’oliviers qui symbolisent la paix, d’un glaive vertical que l’on aperçoit derrière le globe et qui représente l’action de la police, et les plateaux d’une balance pour évoquer la justice. Le nom Interpol est visible sous la Terre, entre les rameaux d’oliviers. Les sigles OIPC et ICPL apparaissent quant à eux de chaque côté du glaive, au dessus du globe.

Interpol possède aussi un drapeau depuis 1950. L’emblème apparaît au centre, sur un fond bleu clair. Quatre éclairs, visibles autour de l’emblème et disposés de manière symétrique symbolisent la communication entre les différents services de police et leur rapidité d’action.

Interpol a défini quatre langues officielles dans lesquelles travaille le personnel :
. l’anglais,
. l’arabe,
. l’espagnol,
. le français.

2. Les Missions d’Interpol :

Ce sont les pays membres qui exercent les différentes activités d’Interpol. Toutes ces activités ont lieu dans un cadre clairement défini lors de réunions statutaires. A travers ses missions, Interpol a un objectif : faciliter la coopération policière internationale pour prévenir et combattre la criminalité.

Pour cela, Interpol fait en sorte de permettre aux policiers du monde entier d’avoir accès aux outils et aux services dont ils ont besoin pour travailler de manière efficace. Grâce à ces outils et services, les policiers adaptent leurs actions à l’évolution des nouvelles formes de criminalité. Interpol effectue d’ailleurs un travail permanent d’innovation dans les domaines de la police et de la sécurité.

Elle soutient également les enquêtes en partageant les données dont elle dispose, où qui lui sont transmises, par le biais de canaux de communication sécurisés. Il s’agit généralement d’informations qui permettent d’assurer la sécurité des personnes sur l’ensemble de la planète. Interpol apporte également un soutien opérationnel dans des dossiers criminels jugés prioritaires. Toutes les actions menées par Interpol respectent les lois de chaque pays, ainsi que la Déclaration universelle des droits de l’Homme. Elles ne concernent par contre jamais les affaires d’ordre politique, militaire, religieux ou racial.

Les missions menées par Interpol concerne principalement les affaires suivantes.

Les Missions d'Interpol

2.1 Le Terrorisme :

Plusieurs actions menées par Interpol concernent directement le terrorisme. L’organisation développe en effet des projets qui ont pour objectif d’aider les pays membres à se protéger de cette menace. Le secrétariat général a par exemple la mission de recueillir, d’analyser, et d’archiver les informations concernant les individus et les groupes suspects. Ces données sont ensuite partagées par les pays membres d’Interpol.

Après les attentats du 11 septembre, un groupe nommé le Groupe Fusion a été créé pour lutter contre le terrorisme.

Interpol lutte plus précisément contre les différentes formes de terrorisme nommées CBRNE :

. Chimique,
. Bactériologique,
. Radiologique,
. Nucléaire,
. Explosif.

Le terrorisme CBRNE est considéré par Interpol comme les attaques les plus graves. Pour prévenir cette menace, Interpol diffuse des alertes aux pays membres pour leur signaler la présence de terroristes ou de menaces sur leur territoire. Ces messages d’alerte sont appelés les notices orange.

Il existe également une notice spéciale nommé Interpol-Conseil de Sécurité des Nations Unies. Elle est utilisée pour signaler des individus appartenant à des groupes terroristes comme Al-Qaïda, Daesh ou encore les Talibans.

Suite à une attaque terroriste, Interpol peut créer une cellule de crise Interpol pour aider les pays concernés. Des spécialistes sont alors envoyés sur les lieux et apportent leur aide en matière d’enquête et d’analyse.

2.2 Le Crime Organisé :

Aujourd’hui, de nombreux réseaux criminels nécessitent une réponse mondiale et organisée. Interpol sollicite la coopération internationale pour lutter contre des activités criminelles de grande ampleur.

Ces infractions concernent des domaines très variés :

. atteintes à l’environnement,
. corruption,
. crimes de guerre,
. criminalité financières,
. trafics de véhicules ou d’œuvres d’art,
. crime organisé,
. criminalité pharmaceutique,
. piraterie maritime,
. intégrité dans le sport,
. trafic de stupéfiants.

2.3 La Cybercriminalité :

Interpol lutte également contre une nouvelle forme du crime organisé : la cybercriminalité. Internet offre de nombreux avantages aux criminels tels qu’une facilité et une rapidité d’action, l’anonymat, et l’absence de frontières. Le cybercrime représente une menace sérieuse pour Interpol qui consacre une grande partie de son activité à lutter contre, et à faire de la prévention.

Les services de police distinguent d’ailleurs deux formes de cybercriminalité :

. les crimes de haute technologie : qui s’attaquent à du matériel informatique et à des logiciels,

. les crimes cybernétiques : qui concernent des crimes courants transposés à Internet. Il peut s’agir de crimes financiers, de crimes contre les enfants, de crimes liés au terrorisme, de fraude, de vols, de jeux illégaux, de trafic d’œuvres d’art, ou encore de ventes de faux médicaments.

Pour lutter contre le cybercrime, Interpol fournit aux forces de police une cyber intelligence ciblée. L’organisation apporte également un soutien opérationnel lors des enquêtes. Elle mène aussi des recherches poussées sur la cyber intelligence et le numérique. C’est par exemple la mission principale du Complexe Mondial Interpol pour l’Innovation (IGCI), installé à Singapour. L’objectif est de développer de nouveaux outils dont pourront se servir les forces de police.

2.4 Les 8 Notices d’intervention d’Interpol :

En terme d’organisation de travail, Interpol utilise huit notices pour identifier les affaires à mener :

Notices Interpol

. Notice rouge : pour les individus recherchés,
. Notice jaune : pour les personnes disparues,
. Notice bleue : pour les individus poursuivis par la justice,
. Notice noire : pour les cadavres à identifier,
. Notice verte : pour les individus qui ont commis de graves infractions,
. Notice orange : alerte sur les matières dangereuses ou les menaces pour la sûreté publique,
. Notice violette : pour communiquer des informations à modus operandi concernant les procédés, méthodes, appareils, objets, utilisés par les criminels.
. Notice spéciale Interpol-ONU : pour les taliban, les membres d’Al-Qaïda et de Daesh,

 

2.5 Priorités Stratégiques et Institutionnelles :

Lors de ses actions, Interpol respecte un cadre stratégique qui définit les priorité de cette organisation. Ce cadre stratégique est actualisé tous les trois ans. C’est lui qui dicte les programmes et les activités d’Interpol. Le cadre stratégique, voté en 2013, contenait par exemple quatre priorités stratégiques, et deux priorités institutionnelles. Ces priorités correspondent aux problèmes actuels de la société.

2.5.1 Priorités Stratégiques :

. Système mondial sécurité d’information policière :

Il s’agit d’assurer la gestion d’un système mondial sécurité d’information et de soutien. Ce système fait le lien entre les 190 Bureaux Centraux Nationaux (BCN) et d’autres services responsables de l’application des lois, et d’autres partenaires stratégiques. Il leur permet de consulter, de solliciter des informations importantes, ou bien d’en communiquer. Ce système fonctionne de manière instantanée. En plus d’assurer la gestion de ce système, Interpol cherche à les optimiser et à les rendre encore plus efficaces.

. Soutien 24 h/24 et 7 jours sur 7 aux services de police et d’application de la loi :

Interpol est disponible 24 heures sur 24 tous les jours de l’année pour ses pays membres. L’organisation leur apporte une aide opérationnelle lorsqu’il s’agit de réagir à une situation d’urgence ou de crise. Interpol essaye de réduire le délai d’intervention et de proposer une aide et un suivi adaptés. Pour cela, Interpol accompagne le développement de ses BCN et les forme à de nouvelles compétences : enquête, déploiement d’agents spécialisés lors de situations de crise, encadrement de grands événements pour assurer la sécurité des personnes, ou encore identification des victimes de catastrophes de grande ampleur.

. Innovation, renforcement des capacités et recherche :

Interpol a une mission d’innovation afin de développer de nouveaux outils et services, ou de perfectionner ceux existant. Ces outils et services sont ensuite mis à disposition des services de police des pays membres. Interpol offre également des formations, notamment en cybercriminalité, et une assistance technique aux policiers afin de les aider à lutter contre les nouvelles formes de criminalité.

Cette organisation a pour objectif de développer un système de certification, d’agrément et de normes, en ce qui concerne la police et la sécurité. Interpol souhaite également s’engager dans les zones à risques ou auprès des pays qui sortent d’une grave période de conflits, afin de les aider à bâtir un nouveau système de sécurité.

. Aide aux pays membres dans la détection des infractions et l’identification de leurs auteurs :

Interpol aide également ses pays membres à découvrir l’identité d’auteurs de crimes et de délits, et à les interpeller.

Pour cela, l’organisation met à disposition des services d’analyse de bases de données qui permettent d’identifier, de localiser, et d’arrêter plus rapidement les criminels internationaux en cavale. Interpol cherche en permanence à optimiser ce service et à augmenter les informations qu’il contient. C’est une aide précieuse dans la résolution des enquêtes menées par les services de police des pays membres.

2.5.2 Priorités institutionnelles :

. Assurer la santé et la viabilité de l’Organisation :

Interpol a une mission essentielle qui consiste à prendre soin de son organisation afin qu’elle reste efficace et opérationnelle.

Pour cela, Interpol cherche à améliorer sa gestion des ressources humaines, mais aussi à faire évoluer son modèle de financement. L’organisation développe de nouveaux partenariats avec des partenaires privés et publics prêts à soutenir les actions menées par Interpol, tout en garantissant l’indépendance de cette organisation.

. Consolider le cadre institutionnel :

Interpol a également une mission de promotion de ses activités. L’organisation cherche en effet à accroître son rayonnement stratégique et géographique. Elle développe pour cela une stratégie de communication destinée notamment au grand public. L’objectif est de mieux faire connaître Interpol et ses actions. Cette démarche de communication s’adresse aussi aux autres organisations internationales afin de développer de nouveaux réseaux de coopération.

3. Structure et gouvernance d’Interpol :

La gouvernance d’Interpol est composée d’une assemblée générale et d’un comité exécutif. Ce sont eux qui prennent les décisions stratégiques d’Interpol.

Le secrétariat général et les Bureaux Centraux Nationaux (BCN) sont quant à eux chargés de la mise en œuvre des décisions stratégiques. En ce qui concerne la surveillance de l’organisation, ce sont des conseillers et la commission de contrôle des fichiers d’Interpol qui en ont la charge.

3.1 L’Assemblée Générale :

Il s’agit de l’instance dirigeante principale d’Interpol. Elle est composée de délégués désignés par chaque pays membre. L’Assemblée générale se réunit une fois par an.

Lors de cette réunion, les délégués doivent s’entendre sur toutes les décisions qui concernent : la politique générale, les ressources, les méthodes de travail, les finances, les activités et les programmes d’Interpol. Les décisions sont prises à la majorité, sous la forme de résolutions. Chaque pays possède une voix.

3.2 Le Comité Exécutif (CE) :

Le comité exécutif est quant à lui élu par l’assemblée générale. Il est dirigé par le président d’Interpol et se réunit trois fois par an. Son rôle est de donner des conseils et des orientations, mais aussi de veiller à l’exécution des décisions votées lors la réunion annuelle de l’assemblée générale. C’est lui qui décide de la politique de l’organisation et des actions à mener.

Le comité exécutif a également pour mission de préparer l’ordre du jour des sessions annuelles de l’assemblée générale, de lui soumettre des projets ou des programmes, mais également de contrôler la gestion du secrétaire général.

Le CE est constitué de 13 membres issus de pays différents : le président de l’organisation, trois vice-présidents, et neuf délégués. Ce sont généralement des hauts responsables de la police dans leur pays. Ils apportent leur expertise au sein d’Interpol. Il faut savoir que le président du CE est élu pour quatre ans, et les vice-présidents pour trois ans. Ils ne peuvent pas se représenter immédiatement à la fin d’un mandat, ni au sein du CE, ni en tant que délégué.

3.3 Le Secrétariat Général :

Situé à Lyon, le secrétariat général est opérationnel en permanence. Il est dirigé par un secrétaire général et dispose de sept bureaux régionaux répartis dans le monde entier. Il compte également des représentants spéciaux qui interviennent auprès des Nations Unies et de l’Union européenne.

Secrétariat Général d'Interpol à Lyon

Secrétariat Général d’Interpol à Lyon ©Massimiliano Mariani

Les bureaux régionaux sont situés dans les villes suivantes :

. Buenos Aires, en Argentine,
. Yaoundé, au Cameroun,
. Abidjan, en Côte d’Ivoire,
. San Salvador, au Salvador,
. Nairobi, au Kenya,
. Bangkok, en Thaïlande,
. Harare, au Zimbabwe.

3.4 Les Bureaux Centraux Nationaux (BCN) :

Tous les pays membres d’Interpol possèdent un bureau central national. Le rôle de ces bureaux est d’assurer la liaison entre la police nationale de leur pays, et Interpol.

Les BCN comptent des fonctionnaires hautement qualifiés en ce qui concerne l’application des lois nationales. Ce sont eux alimentent les bases de données criminelles d’Interpol et prennent part aux enquêtes d’envergure internationale.

Les BCN sont des points nationaux reliés à un point mondial. Les BCN participent également à la définition des activités et des plans d’Interpol. Les chefs de BCN se réunissent d’ailleurs une fois par an. A cette occasion, il essayent de trouver des solutions à des problèmes communs et partagent des informations.

3.5 Le Bureau Central National Français :

En France, les missions de police sont remplies par la direction générale de la police nationale et de la gendarmerie nationale. Le rôle des policiers et des gendarmes consiste à assurer le maintien de l’ordre, mais aussi à interpeller les auteurs de crimes et de délits.

La police et la gendarmerie nationale interviennent ensemble au sein du Bureau Central National (BCN) d’Interpol qui est situé à Paris.

Le BCN français compte 75 personnes, parmi lesquelles se trouvent des policiers, des gendarmes, mais aussi des douaniers. La majorité d’entre eux sont affectés dans la Section Centrale de la Coopération Opérationnelle de Police (SCCOPOL). Cette section dépend de la division des relations internationales, qui est une structure interministérielle. Elle comprend également la mission justice qui appartient au Bureau de l’Entraide Pénale Internationale (BEPI) du ministère de la Justice.

La SCCOPOL est l’interlocuteur national pour les quatre canaux de coopération. Ses membres ont pour mission de réceptionner, d’analyser, et de diffuser les demandes des pays membres d’Interpol, mais aussi celles des services français destinées aux services de polices étrangers. Il faut savoir que le BCN français traite tous les ans environ 120.000 messages.

Il existe aussi des Groupes de Relations Internationales (GRI) qui dépendent des offices centraux spécialisés de la police judiciaire, de la police aux frontières, et de la gendarmerie. Ces groupes, composés de fonctionnaires, luttent contre le crime organisé, le trafic de drogues, l’esclavage moderne, la grande délinquance financière, la cybercriminalité, le trafic d’œuvres d’art, les réseaux d’immigration clandestine, et la délinquance itinérante. Les GRI assurent également la gestion des demandes opérationnelles provenant d’Interpol, en lien avec les services territoriaux comme la SCCOPOL.

Le bureau des extraditions de la Direction du Renseignement Intérieur (DRI) est quant à elle responsable des demandes d’arrestations provisoires en vue d’une extradition. Ce travail est facilité par l’existence, au sein de la DRI, de la mission Justice qui prend part aux actions de la SCCOPOL et donc du BCN. Cette permanence est en effet assurée par des magistrats du bureau d’entraide internationale de ministère de la Justice.

L’ensemble de ces services participent au bon fonctionnement du BCN en France. Celui-ci se trouve d’ailleurs au sein de la Direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ), qui est également responsable des canaux européens de coopération policière comme Europol, Schengen ou encore Prüm.

3.6 Les Conseillers :

Les conseillers sont des spécialistes qui mettent leurs connaissances au service d’Interpol. Ils ont un rôle uniquement consultatif. C’est le comité exécutif qui se charge de les nominer, mais ils sont confirmés dans leurs fonctions par l’assemblée générale.

3.7 La Commission de Contrôle des Fichiers d’Interpol (CCF) :

Le rôle de cette commission consiste à surveiller le traitement des données à caractère personnel. Il s’agit par exemple de noms ou encore d’empreintes digitales. Ces informations personnelles doivent respecter la réglementation d’Interpol. L’objectif est de protéger les droits fondamentaux des personnes et ne pas risquer de mettre en péril la coopération entre les polices nationales des pays membres.

Toutes ces différentes instances comptent également du personnel qui aide au bon fonctionnement de l’organisation. Ces fonctionnaires sont de plusieurs nationalités, une centaine au total. Ils travaillent au sein du secrétariat général, mais aussi dans les bureaux régionaux d’Interpol. Leur rôle est de faire appliquer la loi. Ils sont souvent mis à disposition par leur administration nationale.

4. Affaires célèbres résolues Interpol :

Plusieurs affaires célèbres ont été résolues grâce à l’intervention d’Interpol.

. En septembre 2017, presque 25 millions de médicaments contrefaits ont été saisis au cours d’une opération conduite par Interpol. Cette action a était menée simultanément dans 123 pays. Plus de 400 interpellations ont eu lieu au même moment. Grâce à cette opération, 3.584 sites internet qui vendaient des médicaments illicites ont été fermés.

Parmi ces médicaments se trouvaient des compléments alimentaires, des médicaments antidouleur, des traitements contre l’épilepsie et les troubles de l’érection, mais aussi des produits nutritionnels. Des équipements médicaux vendus illégalement ont également été saisis. Il s’agissait principalement de matériel chirurgical, de préservatifs, de seringues ou encore d’implants dentaires.

Affaire des faux médicaments

. En mars 2016, Interpol mais la main sur 10.000 tonnes d’aliments frelatés. Parmi ces aliments se trouvaient des olives repeintes avec du sulfate de cuivre en Italie, de la viande de singe découverte en Belgique, ou encore du poulet au formol trouvé en Indonésie. Cette opération, menée par Interpol et Europol dans 57 pays différents depuis 2011, se nommait Opson V. Dans le cadre de cette même opération, 2.500 tonnes d’aliments contrefaits avaient déjà été saisies l’année précédente. Les enquêtes se sont poursuivies et neuf tonnes de sucre contaminé par des engrais ont été saisies au Soudan. Plus de 30 tonnes de viandes de bœuf et de buffle impropres à la consommation ont également été détruites en Thaïlande.

. Dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, 5.800 djihadistes ont été identifiés par Interpol en novembre 2015. Ces djihadistes sont originaires de 50 pays différents. Interpol a également évalué le nombre total de djihadistes à 25.000.

Plusieurs livres racontent les affaires passionnantes résolues par Interpol, cliquez-ici pour les voir.

5. Les Effectifs d’Interpol :

Il faut savoir qu’en 2017, Interpol regroupait environ 800 personnes de 100 nationalités différentes. Ces salariés travaillaient au sein du secrétariat général ou de l’un de sept bureaux régionaux.

A Interpol, il existe quatre catégories de postes :

. les postes hors classe,
. les postes de direction (grade 1 et 2),
. les postes d’encadrement (grades 3 à 5),
. les postes administratifs (grade 6 à 10).

Les fonctionnaires qui occupent ces postes sont soit des fonctionnaires mis à disposition par leur administration nationale, soit des fonctionnaires sous contrat. Ils sont soumis au règlement du personnel d’Interpol. Interpol accueille également des stagiaires, mais ils ne sont pas considérés comme des membres d’Interpol et ne sont donc pas soumis au manuel du personnel

. Les fonctionnaires mis à disposition : ces fonctionnaires sont mis à disposition par leur administration nationale. Cette mise à disposition est d’une durée initiale de 3 ans. Elle peut néanmoins être rallongée par le secrétaire général, sous réserve de l’accord de l’administration nationale.

Les fonctionnaires représentent environ 1/3 des effectifs d’Interpol.

. Les fonctionnaires sous contrat : ils sont directement rattachés à Interpol qui prend en charge les salaires et les indemnités.

. Les stagiaires : les offres de stages se situent principalement à Lyon, au sein du secrétariat général. Il existe néanmoins quelques opportunités dans tous les autres lieux où Interpol est présent. Les stages au sein d’Interpol permettent de mieux comprendre les buts, les objectifs et le fonctionnement de l’organisation.

Côté équipement, le personnel d’Interpol bénéficie de matériel de pointe comme par exemple le système d’identification biométrique, le système de reconnaissance facial, une base de données ADN, ou encore un réseau de police global et sécurisé nommé l-24/7.

Carte d'identification d'Interpol

Carte d’identification d’Interpol ©European Communities

6. Comment rentrer dans Interpol : concours, formation, recrutement, salaire :

Que ce soit pour un poste de fonctionnaire ou un stage, vous pouvez directement poser votre candidature sur internet en répondant aux offres disponibles d’Interpol.

Recrutement des fonctionnaires :

Pour rejoindre Interpol, il suffit d’envoyer sa candidature en ligne en cliquant sur l’option « Postuler en ligne », qui apparaît en dessous de chaque avis de postes vacants. Les dossiers sont étudiés et les candidats retenus sont conviés pour des entretiens personnalisés.

Pour pouvoir intégrer l’organisation, il faut néanmoins être ressortissant de l’un des pays membres d’Interpol et maîtriser plusieurs des quatre langues officielles : anglais, arabe, espagnol et français.

Les candidats s’engagent également à suivre les valeurs d’Interpol qui sont le respect, l’excellence, l’intégrité, l’esprit d’équipe et l’innovation.

Les salaires des fonctionnaires mis à disposition et des fonctionnaires sous contrat dépendent de leur expérience, de leur catégorie de poste, de leur grade, de leur échelon, mais aussi du pays dans lequel ils travaillent. Les salaires varient entre 1.500€ et 9.520€ nets mensuels.

Le personnel d’Interpol peut aussi bénéficier de primes et d’indemnités, comme le remboursement des frais de voyages lors d’une affectation, les primes d’expatriation ou d’installation dans le pays d’affectation, et les indemnités de transport.

. Les fonctionnaires mis à disposition : lors d’une mise à disposition d’un fonctionnaire, c’est l’administration nationale qui verse une rémunération. Il peut arriver qu’Interpol finance une partie de la rémunération. La couverture sociale, les frais de voyage et de déménagement sont également pris en charge par l’administration nationale. Les fonctionnaires expatriés peuvent aussi bénéficier d’une indemnité versée par Interpol.

. Les fonctionnaires sous contrat : les grilles de traitement sont différentes selon les lieux d’affectation. Les salaires versés aux fonctionnaires d’Interpol sous contrat ne sont pas soumis à l’impôt sur sur revenu mais un impôt interne est prélevé à la source. Les salaires doivent néanmoins être déclarés aux autorités fiscales du lieu d’affectation.

Recrutement des stagiaires :

Pour devenir stagiaire d’Interpol, les candidats doivent uniquement soumettre leur candidature en réponse à une annonce de poste vacant, et respecter les conditions suivantes :

. être inscrit ou avoir obtenu le diplôme d’un établissement d’enseignement post-secondaire agréé au cours des six derniers mois qui précèdent la date de la demande,
. être ressortissant de l’un des pays membres d’Interpol,
. avoir l’âge légal de la majorité de son pays de nationalité,
. parler couramment l’anglais.

Les candidats qui postulent pour la première fois à un stage doivent créer un compte. Lorsque la demande en ligne est complétée, les candidats doivent y joindre une lettre de présentation et de motivation.

Toutes les demandes sont évaluées et les candidats retenus sont contactés par le gestionnaire d’embauche. Ils subissent alors un examen approfondi et une évaluation.

La durée du stage dépend des besoins du service d’embauche. Elle varie généralement entre 6 et 11 mois. Les stagiaires basés à Lyon bénéficient d’une allocation mensuelle de 550€. L’allocation dépend donc du lieu d’affectation et varie selon l’indice du coût de la vie de l’ONU et le nombre de jours travaillés au cours d’un mois.

7. Recevoir une documentation gratuite pour réussir les Concours de la Police / Gendarmerie :

Comme nous venons de le voir, si vous voulez travailler un jour chez Interpol, vous aurez un grand avantage si vous faites partie de la police nationale ou de la gendarmerie.

Pour cela, vous devrez passer des concours ou des épreuves de sélection en fonction de votre niveau scolaire :

. Épreuves de sélection d’Adjoint de Sécurité : aucun diplôme demandé,
. Épreuves de sélection de Cadet de la République : aucun diplôme demandé,
. Concours de Gardien de la Paix : niveau BAC ou équivalent,
. Épreuves de sélection de Gendarme Adjoint Volontaire : aucun diplôme demandé,
. Concours de Gendarme : niveau BAC ou équivalent.

Vous pouvez préparer ces concours en achetant des livres. Mais pour augmenter vos chances d’être reçu au concours, et avoir un avantage sur les autres candidats, la meilleure solution est de vous inscrire à une formation préparatoire.

Les Cours Servais proposent des formations à distance pour vous préparer efficacement. Ce sont des formations en ligne que vous pouvez suivre de n’importe quel endroit, quand vous le souhaitez, à votre rythme. Idéal si vous habitez une petite ville, si vous travaillez en parallèle, si vous voulez vous reconvertir ou si vous avez du mal à étudier tout seul sans cadre.

Ce sont des formations de qualité, 90% des élèves sont satisfait de leur préparation au concours.

N’hésitez pas à demander une documentation gratuite en remplissant le formulaire ci-dessous, c’est sans engagement :

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